.

Découvrir Stoumont

 

Un peu d’histoire :

Stoumont, mont «stou», c’est-à-dire haut, fier, relevait de la principauté de Stavelot-Malmédy.
Très tôt, il fut abandonné par celle-ci à l’ancienne mayeurie de Froidcour, qui devint par la suite une baronnie.

En 1465, Stoumont possédait une cour échevinale et comptait déjà, en 1554, 395 habitants.
A présent, un peu plus de 500. Avec la révolution, il devint une commune et reprit le sceau spécial que la famille de Froidcour possédait depuis 1536 : une femme en buste, portant un enfant sur les bras, il s’agirait, selon certains, de Sainte Anne (photo ci-contre).
Avant 1571, date de l’érection de la chapelle de Saint Hubert, les fidèles se rendaient aux offices à La Gleize (l’église : l’écclésia), en empruntant le sentier qui s’appelle encore «lu pazè d’mèsse».

La paroisse autonome de Stoumont fut fondée en 1803. L’église romane actuelle fut bâtie en 1927. Très gravement endommagée en 1944 par l’offensive de Von Rundstedt, elle fut restaurée après la guerre.

Autrefois, les activités du village étaient essentiellement agricoles et forestières (exploitation du bois, de la tourbe, du charbon de bois, écorsage
du chêne). A l’heure actuelle, ces branches d’activités sont moins importantes; certaines ont même complètement disparu.

Par contre, le tourisme et une vocation de seconde résidence s’y développent..

La commune de Stoumont se présente à vous, vous qui avez la chance d’y habiter, mais aussi vous qui la découvrez ou désirez venir la visitez.

Loin de la ville, nos merveilleuses vallées de l’Amblève, de la Lienne et du Roannay, nos forêts, nos prairies composent de magnifiques paysages qui font de Stoumont un site d’exception.

Découvrons un aperçu au fil de la route.
C’est bien sûr loin des grands routes, le long de nos chemins de promenade, que Stoumont vous dévoilera sa vraie nature.

Au départ de l’autoroute E25 sortie 47, dès que nous pénétrons sur le territoire de la commune, nous plongeons dans la nature : Le bois Royal nous accueille et abrite tout près de la route «Le vieux Chêne» et «Les Arbres Bonaparte». 

 

Ci-contre l'entrée du "Bois royal" sous la neige

Nous passons ensuite devant le site d’embouteillage des eaux minérales Bru-Chevron dont la source se trouve à quelques kms de là, l’eau de la source est acheminée par un pipeline partant du site de l’ancienne usine à Bru.
L’usine emploie une cinquantaine de personnes et produit 40 millions de litres par an. Traversons les hameaux de La Bruyère et de Sur le Thier où s’offre un magnifique point de vue sur Stoumont .
Nous arrivons à Lorcé, premier des anciens villages qui forment Stoumont depuis la fusion des communes de 1977. Coup d’oeil sur l’église de style roman dédiée à St Georges reconstruite au XIXè siècle à l’emplacement d’une ancienne tour gallo-romaine surplombant une ancienne fontaine de caractère.
A la sortie du village, la route rejoint le ru du Pouhon près du moulin Mignolet.
A l’entrée du hameau de Naze, sur la droite, la demeure du Prince de Nassau, ancienne maison datée de 1650.
L’ancien hôtel Thonart, près du pont sur l’Amblève, connut une indiscutable renommée aux grands jours du tourisme de la belle époque quand les trains de visiteurs arrivaient de Liège.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx 
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx 

 


 

Après le passage sous le pont du chemin de fer, nous prenons la route N633 vers Stoumont . A droite, nous passons devant la stèle marquant l’endroit de l’arrêt de l’offensive allemande de décembre 1944 et ensuite devant l’ancienne gare de Stoumont. Bientôt le carrefour de Targnon. Petite boucle à droite, le long de la Lienne en franchissant le pont de Targnon sur l’amblève pour suivre la route N645 et le cours de la rivière jusqu’au Moulin de Rahier. Il ne reste que peu de ruines du moulin, ancienne propriété des premiers abbés de Stavelot. Seuls subsistent à travers la végétation envahissante quelques lambeaux de murs et la grande roue.

Nous empruntons la route à gauche qui grimpe vers Rahier que nous laissons sur notre droite pour gagner Meuville après être passé au pied de la croix du Perhay. Dans le village deux anciennes fontaines abreuvoirs et une ferme, datée 1774 attirent le regard. Retour sur la route principale, au lieu dit Rofthier ou Rouge Thier l’un des endroits les plus élevés de l’entité, 395 m d’altitude, où l’on dispose d’une vue à 360° surprenante sur Stoumont et les villages des environs. Il y avait ici jadis une mine de manganèse.

Prenons à gauche pour gagner Xhierfomont et son château du début du XXè. Celui-ci est propriété privée. Une route sinueuse dévale à travers bois pour nous reconduire au pont de Targnon.
Retour à la nationale N 633 Remouchamps-Trois-ponts, nous virons à droite pour passer au pied de la chapelle Saint-Roch de Targnon datant du XIXè et située à gauche de la grand’route.
Après 3 kms, nous arrivons, sur notre droite, à l’un des plus beaux panoramas de la région, le «Point de vue du Congo» dénomination due aux ouvriers qui de 1880 à 1885 posèrent les voies du chemin de fer et dont certains, revenant du Congo où ils avaient participé à la création de la voie ferrée, y virent une similitude avec les luxuriants paysages africains.
Un mémorial y est érigé à la mémoire du docteur Terwagne, pionnier du tourisme ardennais.

Voici maintenant Stoumont, chef lieu de l’entité. Sur la gauche se dresse depuis 1912 la Maison St- Edouard, aujourd’hui établissement d’enseignement spécialisé. Elle fut dirigée par des religieuses françaises puis par les soeurs de Saint-Vincent de Paul avant de devenir un préventorium puis un Institut médico-pédagogique. Au coin de la boulangerie Bourotte installée à Stoumont en 1880 pour ravitailler les travailleurs du rail, nous prenons à droite la rue du village où se situe la plus ancienne maison à colombages de la commune datée de 1744.
L’Eglise St-Hubert a remplacé une première chapelle édifiée vers 1750. Cette dernière existe toujours et porte le nom d’Ecole des filles qui fut son affectation jusqu’en 1954.
Située en face de l’Ecole des filles, la Borne Fontaine construite d’un bloc de petit granit quadrangulaire coiffée d’un tournesol et équipée de deux bacs servant de lavoirs faisait partie de la première conduite d’eau réalisée à Stoumont et fut acheminée des carrières de Sprimont, par les fagnes sur des chariots à boeufs. Il en existe une autre en allant vers la ferme Monville, ayant également un golf champêtre.
Reprenons notre circuit sur la nationale.
Légèrement en contre-bas, en retrait de la route sur notre droite, se dresse le fier et majestueux château de Froidcour. Trois châteaux ont existé en ce lieu, le premier connu fut le château médiéval, érigé en gardien de la vallée de l’Amblève. Il fut remplacé en 1600 par une imposante construction nommée Château de Salm.
Ce dernier fut démoli au début du XXè siècle et fut remplacé en 1912 par l’actuel château, propriété privée de la famille de Harenne. L’origine de la seigneurie de Froidcour, probablement liée aux principautés abbatiales, est incertaine. Mentionnée en 1314, elle était déjà fortifiée au Moyen Age.
Elle fut utilisée en l’an 1531 par Guillaume de Froidcour et appartint successivement aux familles Grisard, Wauters, Lynden, Aspremont - Lynden et de Harenne.

Toujours sur notre droite, un peu plus loin, entourée de bois, se dresse la chapelle Ste Anne, antérieure à 1550. Restaurée et agrandie, les marques d’encrage 1666 indiquent cette première restauration.
La chapelle est encore très fréquentée surtout à l’occasion de la fête patronale de Ste-Anne le 26 juillet, également fête du village de Stoumont.
Nous parvenons maintenant à La Gleize où nous nous attarderons au retour après le détour par la vallée du Roannay. Prenons à gauche au coin du restaurant Le Vert de Pommier. Le premier hameau qui se présente, Hasoumont, possède sur ses hauteurs un magnifique point de vue sur la vallée de l’Amblève.
C’est ensuite Borgoumont avec ses vieilles maisons en pierres du pays, certaines dotées de colombages. Une stèle rappelle le martyr de Mathieu de Jonge membre du groupe Zéro. Il dirigea La Libre Belgique clandestine» et vécu dans ce village de 1941 à1943.
Plus loin, l’entrée du Centre hospitalier Princesse Astrid est marquée par son porche typique. Ancien sanatorium, le centre fut construit là, de 1899 à 1903, en raison de la pureté de l’air dans la contrée. Au départ, centre de traitement de la tuberculose, c’est aujourd’hui un centre de revalidation et une maison de repos et de soins. Sa construction nécessita le transport de nombreux matériaux, au départ des gares de La Gleize et de Roanne-Coo auxquelles les habitants et agriculteurs de la région prêtèrent main forte. Une cinquantaine de mètres plus haut, sur votre droite, le fantastique point de vue dit du «Pic Vent» s’ouvre sur les vallées de l’Amblève et du Roannay.
Traversons ensuite le village du Cour. Plus loin avant le carrefour du Rosier, un site classé : «La Genévrière de Cour» lande sèche de bruyères et myrtilles comprenant une importante population de genévriers ; c’est l’un des derniers exemples de ce type en Haute Ardenne. On y trouve les baies utilisées en arôme pour le genièvre.

A coté de la réserve naturelle de Berinzenne à l’intersection de la Vecquée et du chemin d’Andrimont se dresse la Croix Pottier ou Poteau d’Andrimont. La Grande Vequée ancienne voie romaine Située sur un haut plateau à l’altitude moyenne de 500m. Elle est bordée de landes tourbeuses Elle déterminait les limites territoriales entre la Principauté de Liège et celle de Stavelot-Malmedy.
Au carrefour dit du Rosier, nous bifurquons à droite pour descendre vers Andrimont. Il s’agit là de la célèbre côte du rosier tant redoutée par les coureurs cyclistes et qu’ils parcourent en sens inverse. Suivant la route, nous rejoignons le cours du Roannay et le pittoresque village de Ruy. A sa sortie, sur la gauche, le Pouhon de Ruy.
Déjà connu au XVIè siècle ce pouhon, d’où l’on expédiait des bouteilles d’eau légèrement gazeuse et ferrugineuse jusque dans les Flandres, a été restauré et offre la possibilité de se rafraîchir en goûtant cette eau à la saveur très agréable.
Après cet arrêt désaltérant nous repartons pour Moulin de Ruy.
Un ancien moulin banal a succédé à un premier moulin situé près du ruisseau de Cour, lequel est déjà cité en 1528. Il a été transformé à de nombreuses reprises.
Au début du XXè siècle, il fournissait l’électricité aux villages voisins. Le village s’est peu à peu constitué aux alentours de cet emplacement ; il demeure quelques belles constructions, certaines à colombages dont l’une est dénommée «La Briqueterie». Quelques maisons typiques en colombages ont été démontées et reconstruites au musée en plein air de Fourneaux Saint Michel. (Province de Luxembourg).
Remarquez aussi le pont qui enjambe le Ru des Neus. Prenons à droite le long du chemin du Roannay. Une halte nous est proposée avec aire de pique-nique et barbecue. A peu de distance, se trouve l’ancien moulin de Neufmoulin construit en 1812 malgré l’opposition énergique du meunier de Ruy.
Ce moulin brûla à deux reprises ; la construction actuelle est donc la troisième en ce lieu. La roue du moulin cessa de tourner après la guerre et le dispositif fut démonté.
Actuellement on peut encore voir les anciennes meules devant le moulin. De retour. Au centre du village, l’église de style gothique construite en 1874, dédiée à St Eustache, a remplacé celle de Moustier.
Nous atteignons ensuite Moustier. Deux tilleuls encadrent l’entrée du cimetière et sont âgés de plus de 350 ans. On peut, en pénétrant derrière les murs, découvrir des croix et des pierres tombales des XVII et XVIIIè siècles.
Continuons notre route vers Roanne, autrefois chef lieu du Ban de Roanne, canton de l’abbaye de Stavelot. Il reste à Roanne de nombreuses maisons à colombages.
Etape suivante , Roanne-Coo. C’est là qu’en 1842 le moulin Maréchal fut construit sur le bord du Roannay. La vanne permettant de couper l’eau existe toujours devant la maison ainsi que le bief ; malheureusement la roue rongée par la rouille a été démontée. Une gare fut construite à Roanne en 1890. C’est de cette station que les frères Kostrowisky dont l’aîné est mieux connu sous le nom de Guillaume Apollinaire, s’embarquèrent après avoir quitté en «douce» la pension Constant de Stavelot pour rejoindre leur mère à Paris.
Retour à la route nationale N 633. Sur notre gauche se dresse le Viaduc de Roanne-Coo, ouvrage d’art imposant de la ligne de chemin de fer Liège – Gouvy. Atteint partiellement par l’aviation américaine en juin 1944, il sera réparé immédiatement par le génie allemand. Cependant, le 9 septembre lors de la retraite allemande le génie allemand fait sauter la partie métallique qui s’effondre dans l’Amblève. Le trafic sera rétabli par les américains en mai 1945.
Retournons à La Gleize, village très ancien dont on parle déjà en 1130. Au cours de l’offensive allemande de décembre 1944, la plupart des anciennes habitations furent détruites ou incendiées. Sur la place trône un char Tigre Royal II allemand de 69 tonnes, seul char de ce type demeuré sur un champ de bataille. En juillet 1945, durant le nettoyage du village par les soldats américains, il fut troqué par une habitante contre une bouteille de cognac.
Le musée «Décembre 1944» consacré à la bataille des Ardennes, illustre la percée et l’encerclement par les troupes américaines du Kampfgruppe Peiper.
L’église Notre-Dame de l’Assomption du XIIè siècle est une des plus anciennes de la principauté de Stavelot-Malmedy, elle abrite une vierge « Mater Dolorosa» en chêne sculpté de pur style gothique mosan du XIIIè siècle, un crucifix du XIVè siècle, un expositorium du XVIIè et un magnifique gisant de marbre rouge de Saint- Remy représentant les seigneurs de Froidcourt, à savoir Guillaume del Dyck et Isabeau de Vervoz.
Lors de sa restauration après la guerre, on retrouva dans les anciennes murailles un pot de grés contenant 462 pièces de monnaie datant de 1620 à 1710.
Sortons de La Gleize vers Cheneux. A gauche, on aperçoit le Mont St Victor, altitude de 520m, soit la plus forte dénivellation verticale de Belgique depuis le sommet jusqu’à son pied où se niche le petit hameau de La Venne. Village situé à l’écart de tout trafic où subsistent de nombreuses maisons à colombages, son nom trouve son origine par les barrages qui furent autrefois édifiés pour la capture des poissons. Plusieurs «vennes» existaient sur l’Ambléve.

Elles appartenaient aux moines de Stavelot qui louaient celle-ci à des particuliers qui devaient en guise de location leurs fournir une quantité de poisson. Saumons, truites et anguilles. En raison d’un microclimat particulier il y existait autrefois d’importants vergers.
A gauche, avant le pont, une petite route nous connduit à La Vaux Renard. La Ferme Château de la Vaulx Renard est un haut lieu de l’histoire locale (non visitable). Cette ferme fut construite vers 1350 par le premier seigneur connu Renard fils de Bauduin mayeur de Roanne. Cette illustre famille détiendra cette fonction jusqu’au XVIIIé siècle.
Le dernier seigneur Antoine Joseph de la Vaulx, sans descendance, cède alors tous ses biens en faveur des moines de Stavelot contre l’abandon de ses importantes dettes à leurs égards. Le testament fut cependant contesté et finalement sous la période française, un procès, attribuera l’héritage à de lointains parents des seigneurs de La Vaulx.
Ce château possède une caractéristique très rare il est l’un des seul en Belgique à être construit en pierre et dont la partie supérieur est en colombage.
Repassons le pont sur l’Amblève où arrivent les kayaks en provenance de Coo. On remarque la présence d’un ancien bunker construit dès 1933, par l’armée belge.
A l’entrée de Cheneux, on voit l’ancien moulin construit au XIXè siècle. Plus haut, l’église St-Lambert, construite en 1851, a remplacé une chapelle datant de 1730. Remarquons aux alentours quelques maisons à colombages dont une qui date de 1763 et une vieille ferme de 1761 avec son auvent caractéristique .Une stèle dédiée aux combattants du 504th P.I.R. de la 82è Airbonne U.S, perpétue le souvenir des furieux combats qu’ils livrèrent contre l’ennemi.
Nous traversons maintenant le hameau de Martinville et sa fontaine et parvenons à Rahier. Près du monument aux morts, héros de la guerre 14-18, la ferme Bodson est un bel exemple de l’architecture rurale du XVIIIè.
Remarquons à gauche une belle maison à colombages et en face, la Fontaine de Rahier qui compte deux bacs : l’un réservé aux usages ménagers, l’autre servant d’abreuvoir au bétail. L’église St-Paul date de 1632.
L’énorme chêne classé, qui pourrait avoir 600 ans, semble vouloir rivaliser de hauteur avec le clocher. À l’intérieur de l’édifice, on peut admirer un autel en bois et des fonts baptismaux du XII ème siècle. De magnifiques pierres tombales en schiste bleu de Lierneux ornent les murs extérieurs de l’église.
Tout près, demeurent les vestiges de l’ancienne maison forte de Rahier. Avant de prendre la direction de Froidville remarquons la ferme monastique de Belle Vue datant du XVIIè. Jusqu’à la révolution elle appartenait au chapitre de Stavelot.
A Froidville, tournons à droite pour rallier le Moulin de Rahier. Arrivé à la Lienne, nous traversons à droite le cours de la rivière et montons à Bierleux-Haut puis parvenons à Chevron qui, en l’an 1105, était connu sous le nom de Kevurun et, en l’an 1589, Cheveron.
Nous dépassons le château de Chevron reconstruit après 1865 par les comtes Van den Steen et arrivons à l’église Notre-Dame de style néogothique construite en 1875. A voir ses fonts baptismaux ainsi que quelques dalles funéraires datant du XVIè siècle. On remarquera une Vierge de l’Assomption de Jean Latour de 1780 et un Saint-Jean Népomucène du XVIIIè. Devant l’église, un très beau calvaire en chêne sculpté du XVIè. C’est sur le territoire de Chevron que se trouvent les sources du pouhon de Bru.
Les sources de Bru figurent dans l’histoire depuis le 1er siècle après JC et sont citées par Pline l’Ancien. Ce sont les «Fontes acidi», au confluent de l’Amblève et de la Lienne, en Ardennes. A cette époque, les légions s’y arrêtent pour s’y désaltérer.
Durant 16 siècles, la source de Bru n’est qu’un «pouhon» (eau ferrugineuse, carbogazeuse naturelle) perdu au fond d’une vallée rustique, où les habitants de la région de Chevron et les moines de l’abbaye de Stavelot viennent puiser l’eau pour leur consommation personnelle.
Au début du XVIIè siècle, commence la commercialisation de l’eau du Pouhon. Le pouhon de Bru devient une marchandise, source cette fois de revenus pour l’Abbatiale de Stavelot-Malmédy. Il ne s’agit pas d’un petit commerce, puisqu’il se vend près de 150 000 L par an à la principale clientèle de l’époque, la noblesse. Les eaux sont apportées aux nobles Liégeois dans des bouteilles plates par des porteuses d’eau appelées les «bottresses».
C’est la révolution française qui va anéantir le commerce des eaux. La commune de Chevron devient propriétaire de la source, mais ne l’exploite pas. Après un siècle, face à des difficultés financières, la commune souhaite exploiter la source. En 1902, la source est concédée pour 30 ans à 4 anversois, dont Modeste Terwagne.
La première société d’exploitation est inaugurée en 1903, elle est rachetée en 1942 par Mr Ernest du Bois, dont les descendants sont toujours propriétaires et à la direction. En 1993, une nouvelle convention de concession est conclue pour 69 ans avec la commune de Stoumont.
En 1985, Spadel holding du Groupe, fonde la Bru-Chevron S.A. La société est certifiée ISO 9002, pour la qualité de sa gestion et ISO 14001 pour son management environnemental. Les sources de Bru sont protégées par un périmètre de protection de 3400 hectares.
L’avenir s’annonce radieux, avec la construction en 2001 à Lorcé, d’une nouvelle usine ultramoderne. Bru-Chevron a rasé son ancienne usine et a réhabilité le site pour le rendre à la nature. Ainsi, les «Fontes acidi» de Pline l’Ancien ont retrouvé le calme au fond de la vallée de Bru.
Aujourd’hui Bru se décline sous deux formes et dans divers formats : Bru Eau Minérale Naturellement et Légèrement pétillante, bien connue sous le nom de «L’Eau Perlée» et Bru Non Pétillante. Bru est leader dans sa catégorie sur le marché belge et a acquis des lettres de noblesse dans la gastronomie en devenant « L’Eau de la Table».
Redescendons maintenant vers la vallée de la Lienne et le hameau Les Forges. Là encore quelques intéressantes maisons à colombages. Près du pont qui enjambe la rivière restent quelques vestiges de l’antique forge. De l’ancien moulin, il ne reste rien. La gigantesque roue à aube qui jouxte le restaurant «la Vieille Forge» est une création de 1985 due à son propriétaire pour alimenter en eau vive les étangs où l’on pèche la truite.
Près de la chapelle Notre-Dame des Sept Douleurs, on peut voir une vieille croix de 1600 assez remarquable pour son âge et sa sculpture. Poursuivons vers Chauveheid et sa Chapelle Saint-Gilles, un des plus beaux monuments historiques de l’entité. Edifice du XIè doté d’un autel majeur à retable du XIXè, d’un bénitier mural roman du XVIIè, d’une statue de Saint-Gilles et de Saint-Roch en bois polychrome du XVIIIè ainsi que de peintures de Saint-Gilles du XVIIè. Remarquez aussi la porte à clous forgés du XVIIè.
Près de la chapelle, le groupe d’arbres très anciens ne manque pas d’attirer l’attention. Derrière se cache la ferme Counasse convertie depuis plus de trente ans à l’agriculture bio, spécialisée dans la fabrication de fromage au lait cru «Li blanc coucou des prés» que l’on peut déguster sur place (voir page 34)
Après la traversée du village, nous regagnons la route Basse Bodeux –Werbomont que nous empruntons à droite pour atteindre Neufmoulin où, en décembre 1944, des combattants américains arrêtèrent les forces allemandes en faisant sauter le pont qui enjambait la Lienne, stoppant ainsi l’avancée de l’offensive Von Rundstedt.
Là, se trouve un monument érigé à la gloire de ces héros morts au combat. Un peu plus loin, sur la route de Werbomont, se trouve une stèle marquant l’arrêt définitif des Allemands.
Dernier village au sud ouest de l’entité c’est à côté du restaurant «Le Relais des Pêcheurs» qu’à la station Total vous aurez la seule opportunité de faire le plein de carburant à Stoumont.
Au lieu dit La Platte, nous arrivons ainsi au terme de notre circuit routier, avant-goût de notre magnifique territoire stoumontois .